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L'eau potable au Nicaragua


Catherine, Liaisonneuve 2 (1993-1994)

Quelle vienne du ciel ou de la mer, pas une goutte d'eau potable ne devrait être perdue ; elle est indispensable pour boire, cultiver, laver et vivre. Chez nous, un peu comme venue de nulle part, elle coule abondamment et des flots entiers s'échappent de nos robinets sans même que nous en rendions compte. Ailleurs, il n'est cependant pas toujours aussi aisé de se procurer de l'eau potable. Voyons un peu comment au Nicaragua on procède pour obtenir ce liquide si précieux.

Notons d'abord que seulement 47% de la population nicaraguayennes a accès à de l'eau véritablement potable, mais que 80 % des villes et villages possèdent l'eau courante. Avoir l'eau courante signifie posséder un robinet d'eau froide par foyer ou par petit regroupement de foyers. La INAA (Instituto nicaragüaense de aguadora y de alcanteria), est une société d'état qui offre les services d'aqueduc à travers le pays. Depuis les années soixante, elle s'établit graduellement dans les villes et les villages du pays. Avant cette époque, l'eau des rivières était en de nombreux endroits assez potables pour être consommée directement et constituait la première source d'eau.

Les sources utilisées pour se procurer l'eau (puits rivière, lac…) varient selon les régions et les possibilités offertes par l'environnement. Avec les services de la INAA, l'eau est filtrée de nombreuses fois, chlorée et, dans certaines régions, iodée (pour assurer l'apport minimum d'iode nécessaire à la croissance) ; l'eau peut être acheminée dans les tuyaux par gravité ou à l'aide d'une pompe électrique.

Pour tous les bénéficiaires, les coûts sont de cinq cent cinquante córdobas (environ 110 dollars canadien) pour l'installation d'un système de tuyaux et de robinet, ce qui équivaut à un peu plus que le salaire mensuel d'un professeur. Par la suite, les coûts sont de quinze cordobas (environ 3 dollars canadien) par mois pour onze mètres cube d'eau, consommation moyenne d'une famille de six personnes. Pour les quantités excédentaires, les coûts augmentent rapidement. En comparaison, au Québec, une personne utilise à elle seule trente-sept mètres cube d'eau, soit près de vingt fois plus qu'un Nicaraguayen. À noter qu'à l'extérieur des villes, il n'y a pas de système de récupération des eaux usées, celle-ci s'en va directement dans le sol à la sortie des caniveaux. Les services offerts par la INAA sont efficaces, mais non sans faille. En été, s'il y a sécheresse, l'eau doit être rationnée sévèrement. En hiver, lors des pluies, la terre obstrue les filtres. De plus, les bris de tuyaux ne sont pas chose rare.

Mais le plus grave des problèmes est que la INAA n'offre pas de services aux gens qui vivent éloignés dans les campagnes et qui sont souvent les plus démunis. À l'extérieur des villages, l'accès à l'eau potable est donc beaucoup réduit. Certains se construisent des puits, d'autres vont chercher l'eau dans les rivières. La construction d'un puits peur nécessiter plusieurs mois de travail en espérant qu'il ne s'effondre pas. Avoir un puits exige aussi une grande vigilance quant à la propreté du contenant ainsi que celle de la corde qui remonte l'eau puisée. Maintenir la salubrité des installations est souvent difficile compte tenu des conditions d'hygiène dans lesquelles vivent ces gens. Pour ce qui est de l'eau des rivières, la qualité en est souvent douteuse et la distance à parcourir, chaudière sur la tête, assez longue. De nombreux problèmes de santé sont liés à la consommation d'eau contaminée ; par exemple, l'an dernier, un peu partout à travers le pays, il y eu de très fortes épidémies de choléra. Par ailleurs, malgré qu'elle soit impropre à la consommation, on utilise l'eau de pluie pour faire le lavage afin d'éviter de gaspiller l'eau potable.

En plus de la consommation directe, l'eau est d'une extrême importance pour l'agriculture, qui est le principal moyen de subsistance des Nicaraguayens. Les méthodes d'irrigations sont peu développées et les sécheresses menacent souvent la survie des récoltes ainsi que des populations qui en vivent. L'association des producteurs, la UCA (Union des Coopératives Agricoles), a mis sur pied un programme de reboisement afin de retenir l'eau des sols et d'éviter l'érosion. Ce programme réussit peu à peu à s'implanter avec l'aide des paysans, mais encore cette année l'eau a manqué et les récoltes ont séché.

Quelqu'en soit l'usage, l'eau est extrêmement précieuse. Nous avons tous à peu de chose près les mêmes besoins en eau, mais en Amérique du Nord, nous oublions souvent son absolue nécessité du fait qu'il est si facile de se la procurer. Et malgré la similitude des besoins exprimés, leur satisfaction diffère grandement en Amérique du Nord et au Nicaragua. Il en va de même entre les villages et la campagne nicaraguayenne.


Cet article a été rédigé par Catherine dans le cadre d'un projet de retombées du groupe Liaisonneuve 2 (1993-1994).


Ay Nicaragua, Nicaraguita

Situé au centre des Amériques, ce petit pays où l’on communique en espagnol regorge d’histoires et de paysages spectaculaires à découvrir. D’un océan à l’autre, se trouve un peuple pourtant bien différent selon la provenance de ses ancêtres. D’une frontière à l’autre s'étendent des paysages allants du sec montagneux à l’humide et plat.  Bref, au Nicaragua, on ne s’ennuie pas. Voilà pourquoi nous vous proposons de découvrir ce merveilleux pays d’un point de vue géographique et démographique, historique, et enfin, politique et économique.

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